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Lundi 07 Avril 2008
Avec son premier roman, Hématome, Maud Mayeras a signé l'un des meilleurs romans policiers de l'année 2006, rien que ça. A Polars Pourpres, on a tellement aimé qu'on a eu envie d'en savoir un peu plus sur la jeune auteur. Et Maud a accepté de répondre à ces questions avec beaucoup de spontanéité.
© Polars Pourpres, 2006
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Maud MayerasNico - Pour commencer, Maud, peux-tu s'il te plaît nous raconter comment a germé dans ton esprit l'idée d'Hématome. Je sais que tu lis beaucoup, tu écris des nouvelles depuis ton enfance. Quel a donc été le déclic pour ce premier roman ?

Maud Mayeras - J'ai eu un premier choc à l'âge de onze ans, j'ai entamé la lecture du célèbre Ça de Stephen King, et j'ai dévoré l'intégralité des trois tomes en très peu de temps. J'ai rapidement découvert que l'écriture pouvait d'avantage effrayer que les images. Je me suis vraiment régalée... D'où l'envie de faire peur à mon tour. Il me semble que Marilyn Manson avait une bonne phrase sur le sujet du style : "Je n'ai jamais trouvé de monstre sous mon lit. Alors j'ai décidé de le devenir..."
L'idée des nouvelles a émergé presque un an plus tard. Les lectures, les genres et les références se sont multipliés. Le cinéma aidant également. J'ai donc ébauché l'esquisse d'un premier roman vers l'âge de 14 ans. Une histoire de petite fille et de son démon docile et manipulateur (hin, hin, hin...) Je me suis vite rendue compte que cela restait très scolaire, et vraiment pauvre dans l'organisation des idées. Abandon de l'idée le temps de grandir un peu et de m'affirmer un peu plus. Et j'ai décidé de retenter l'expérience !


N. - As-tu rencontré des difficultés particulières lors de l'écriture ? Combien de temps as-tu mis pour terminer Hématome ?

M. M. - Les premières pages d'Hématome datent de 2001/2002. A l'époque, l'histoire n'était pas du tout la même : il s'agissait plutôt d'un trip plus ou moins fantastico-gore, Karter et Emma étaient bien les personnages principaux mais leur rôle était bien différent, et l'histoire était dénuée de tout intérêt ! Une espèce d'hommage ingrat aux films d'horreurs et séries Z que je zieutais plus jeune. Le roman est resté en jachère pendant près d'un an, et le projet final a germé doucement, les éléments se sont mis en place petit à petit pour parvenir après quelques changements de titre au "produit fini".
Après, mon ego et les compliments de ma mère m'ont poussée à tenter ma chance chez diverses maisons d'édition. Après quelques refus brutaux, on se cramponne aux belles phrases de sa maman et on espère encore. J'ai enfin reçu la lettre du directeur éditorial de Calmann-lévy qui paraissait intéressé. On se sent rassuré et remotivé, et on se remet à travailler ! J'ai du retravailler sur quelques illogismes et détails qui nuisaient au bon sens et au rythme de l'histoire sans qu'on ne m'impose jamais rien, j'avoue que j'aurais mal supporté qu'on touche à mon projet... Après un an de relecture acharnée, le bébé nous a semblé prêt pour l'envol.


HématomeN. - Hématome est paru il y a un peu plus de 6 mois maintenant. Les critiques sont excellentes, et le roman a été sélectionné pour le prix SNCF du polar français. Quand on écrit un roman, peut-on rêver d'un tel accueil du public ? J'imagine que c'est particulièrement motivant pour un auteur ?

M. M. - L'accueil reste ma plus grande surprise. J'étais sur le salon du livre de Limoges deux jours après la sortie officielle d'Hématome, une trouille d'enfer et un stylo dans la main. J'ai été contrainte de quitter le salon avant la fin car les exemplaires se sont vendus très rapidement. Je me suis dit, très bien, ils l'achètent par curiosité, c'est normal, je suis originaire de cette ville, ils se renseignent. Je me suis méfiée des retombées qui allaient suivre. J'ai laissé ma curiosité divaguer sur le net, sait-on jamais. On parlait du roman! Et que de compliments sur les forums, les articles... J'ai ensuite appris ma sélection en finale du prix SNCF face à Franck Thilliez... Quel honneur...!
Et me voilà sur Polars Pourpres face à Thilliez (décidément !), Serfaty et King mon mentor... Un petit rire nerveux et tout va mieux...
Les réactions des gens sont formidables, on me réclame un autre opus, et je reconnais que tout ceci est particulièrement motivant. C'est un rêve de gamine qui se réalise avec tout le bonheur que peut impliquer sa lenteur à grandir...


N. - Justement, comment appréhende-t-on l'écriture d'un second roman après cet accueil ? As-tu déjà commencé à plancher dessus ?

M. M. - Erf, erf, le second roman... Je planche dessus depuis presque neuf mois, le temps qu'il m'a fallu pour faire les recherches nécessaires et établir une trame assez précise pour démarrer. Les premières pages sont prêtes. Nous recroiserons peut-être Emma, mais si c'est le cas, elle ne sera qu'un personnage secondaire... Mais motus...


N. - Le glauque du roman noir, le rythme et les rebondissements du thriller, la tension du roman à suspense : Hématome est à la rencontre de différents genres du roman policier. C'était quelque chose que tu recherchais, ou un style qui t'es venu naturellement ?

M. M. - Hématome est le fruit de toutes mes influences propres, qu'elles soient issues de la littérature noire ou d'horreur (qui se fait de plus en plus rare à l'heure actuelle), du cinéma et même du milieu musical. Chaque scène correspond à une ambiance musicale ou à un titre en particulier. Quelques clins d'oeil au cinéma de genre également...
A noter que chaque évocation d'un documentaire télévisuel correspond à ce que je regardais réellement au moment X.
Même s'il ne s'agit pas là d'un roman autobiographique, chaque étape me colle naturellement à la peau. Je porte le tatouage d'Emma depuis cinq ans, je ne peux donc nier certaines similitudes !


N. - Puisque tu parles d'Emma, un des points forts du roman selon moi est la rapidité avec laquelle on s'attache à ton héroïne, la facilité avec laquelle on en vient à partager ses peurs et ses doutes. C'est aussi lié à ton style d'écriture, qui donne l'impression qu'Emma parle autant à elle-même qu'au lecteur. C'est un point que tu avais travaillé depuis les premières versions d'Hématome ?

M. M. - Je tenais à ce que le lecteur s'attache autant à Emma que je l'ai fait durant les prémices d'Hématome, d'où l'utilisation de la première personne tout au long du récit. L'amnésie est un point de départ, nous nous éveillons avec elle sur une vie qui se veut nouvelle. Tout effacer pour tout recommencer. Mais mon esprit tordu ne pouvait pas la laisser tranquille...
Emma découvre son univers au fur et à mesure que l'histoire avance, elle découvre son rapport difficile avec son propre corps et celui de l'homme avec qui elle vit. Je voulais que le lecteur ait les mêmes bases que l'héroïne pour démarrer: qu'il se retrouve confronté aux mêmes peurs, aux mêmes doutes.
Emma emploie des phrases courtes, d'une grande simplicité. Je voulais à tout prix conserver sa spontanéité. Je souhaitais que l'on plonge avec elle en enfer, lentement mais sûrement.


N. - Un autre personnage important du roman, qui contribue à créer l'atmosphère pesante d'Hématome, est la ville elle-même. Une ville sous la neige, sans nom, sans nationalité. Comment t'es venue l'idée de ne pas situer avec précision ton intrigue géographiquement ?

M. M. - Je crois n'avoir jamais donné de repère géographique ni temporel à aucune de mes histoires. J'aime pouvoir m'investir à fond dans l'univers que j'imagine. Je veux que le lecteur se crée son propre endroit à lui, avec ses propres points de repères. Quelques emprunts de ci-de là, c'est vrai, et le mélange pour la ville sans nom est prêt. Pourquoi pas lui en trouver un jour d'ailleurs, si toi ou les membres du forum ont une idée, je serai curieuse de la connaître. On m'a parlé de L'Europe du Nord, des UK et des USA. Oui, nous sommes à Paris, à Limoges, à Londres et à N-Y... Tout cela en même temps.
J'aimerais réellement créer ma propre ville tout au long des romans à venir, avec ses rues et ses monuments propres. Hématome semble être le point de départ... Mais, promis, contrairement à Tolkien, je n'inventerai pas une nouvelle langue!


N. - Tu nous as déjà parlé de Stephen King ; quelles sont tes autres références en matière de thriller ou de polars ?

M. M. - King et Clive Barker ont été mes révélations il y a quinze ans (quinze ans... déjà...). Sont ensuite arrivés Graham Masterton et sa capacité à transformer les contes et histoires déjà existantes en fables abjectes (Le miroir de Satan, malgré son titre ridicule, est un intéressant parallèle à l'histoire d'Alice au pays des merveilles). Maxime Chattam me surprend à chacun de ses opus. Maud Tabachnik et son cinquième jour (dont l'histoire est basée sur Albert Fish, tueur et mangeur d'enfant dans les années 30'). Rafael derniers jours de Gregory McDonald : une ENORME claque. Franck Thilliez et sa Foret des ombres, sorte de Shining moderne. Je pensais ne plus être effrayée par un livre. C'est chose faite.
J'ajouterai à cela deux ouvrages, qui ne sont pas des polars mais que je tenais à noter: Serial Killers de MOSSIEUR Stéphane Bourgouin, ma bible. Et Macchabées de Mary Roach, sur l'évolution de la mort à travers les siècles. Cela peut paraître légèrement morbide, mais ça vaut vraiment la peine d'y jeter un coup d'oeil!


N. - Pour terminer, peux-tu nous dire en quelques mots ce qui te plaît dans le polar, de manière générale ? L'atmosphère, la tension, la capacité à surprendre le lecteur et à l'orienter sur des mauvaises pistes ?

M. M. - Avec le temps, je réalise que je ne suis pas forcément intéressée à 100% par la forme originelle du polar à savoir l'enquête policière en elle-même.
J'aime les univers rouillés et dégoulinants. J'aime trouver la complexité sous un tas de choses trop simples. J'aime l'auteur sadique qui prend plaisir à faire grimacer ses lecteurs. J'aime tomber de haut. J'aime avoir peur. J'aime avoir la solution sous mon propre nez sans jamais la deviner. J'aime courir sur de fausses pistes et me rendre compte que le tueur se trouvait là, juste derrière moi. J'aime rester tendue pendant trois cents pages, poser le livre écorné, ne pas pouvoir fermer les yeux, et me dire, épuisée : "ça existe encore..."


N. - Un grand merci, Maud, pour cette interview. On attend ton prochain roman avec impatience !
 
Lundi 07 Avril 2008
Vendredi 04 Avril 2008

Deborah Kerr (née Deborah Jane Kerr-Trimer, le 30 septembre 1921 à Helensburgh, Écosse, Royaume-Uni et morte le 16 octobre 2007 dans le Suffolk, Royaume-Uni), est une danseuse et actrice britannique qui, après des débuts prometteurs au Royaume-Uni pendant la guerre, devint dans les années 1950 l'une des plus grandes stars d'Hollywood.

Biographie

Elle se marie en 1945 à Anthony Bartley, un militaire avec qui elle a deux filles. Le couple divorce en 1959. Un an plus tard elle épouse le scénariste Peter Viertel.

Considérée comme l'une des plus grandes actrices hollywodiennes des années 50. Nommée six fois à l'Oscar de la meilleure actrice, Deborah Kerr était l'un des plus beaux exemples d'artistes européens faisant carrière aux Etats-Unis. D'abord danseuse, elle débute sur grand écran dans les années 1940, mais c'est en traversant l'Atlantique qu'elle connaît le succès. Ses rôles dans Les Innocents (1961), Dieu seul le sait (1957), L'Arrangement (1969), Le Roi et moi (1956) et surtout Tant qu'il y aura des hommes (1953), film dans lequel elle vit une histoire d'amour passionnée avec Burt Lancaster, lui ont apporté la reconnaissance internationale.

Egalement femme de théâtre, elle est nommée Commandeur de l'Empire britannique (CBE) par la reine Elizabeth II en 1998.

Souffrant depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson, elle meurt le 16 octobre 2007 dans le Suffolk, dans l'est de l'Angleterre.

Filmographie non exhaustive

Liens externes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Deborah_Kerr

Vendredi 04 Avril 2008

Jeanne Julie Éléonore de Lespinasse, née le 9 novembre 1732 à Lyon et morte en 1776, est la fille illégitime du comte Gaspard de Vichy, frère de Marie du Deffand et de la comtesse d’Albon.

Son père épousa par la suite sa sœur naturelle. Julie fut donc élevée par sa mère, restant avec elle jusqu’à la mort de cette dernière encore jeune, qui la confie de nouveau à son père, de sorte qu’elle se retrouve gouvernante des enfants de sa sœur naturelle et belle-mère, enfants qui sont également ses demi-frères et sœurs.

Sa tante naturelle, Marie du Deffand, sentant sa vue décliner, la prend alors comme lectrice dans le salon qu’elle tient à Paris et qui est déjà connu en 1754, donnant ainsi à sa nièce l’opportunité de sortir d’une situation familiale sans doute assez déplaisante.

Dès 1747, ayant noué une amitié avec d’Alembert, son salon est fréquenté par des écrivains et philosophes tels que Fontenelle, Montesquieu, Marmontel et Marivaux. C’est dans ce monde qu’elle introduit sa nièce. Julie, sans être vraiment belle, est intelligente et surtout très habile à diriger la conversation. Sa vivacité d’esprit et sa finesse ne tardent pas à séduire les hôtes de sa tante et les conversations commencées dans le salon de celle-ci se terminent dans la chambre de Julie. Marie du Deffand l’ayant appris se jugea trahie et en conçut une grande jalousie qui ne la quittera plus même après la mort prématurée de Julie, qu’elle finit par renvoyer en 1763.

Julie de Lespinasse ouvrit alors, en 1764, son propre salon rue de Bellechasse, où elle reçut également Condillac, Condorcet et Turgot, outre ceux qu’elle recevait déjà auparavant chez sa tante. On a pu dire de son salon qu’il fut le « laboratoire de l’Encyclopédie », dont elle fut l’égérie. Nombreux furent ceux qui subirent le charme de cette jeune femme au caractère ardent et passionné, mais c’est avec d’Alembert qu’elle se lia d’une profonde amitié, qui semble n’avoir été que platonique. Enfant illégitime comme lui, ils ont des points communs qui les rapprochent. Malade, elle le recueille chez elle et le soigne. Ils ne se quitteront plus.

Julie s’éprend cependant profondément du marquis de Mora, fils de l’ambassadeur d’Espagne en 1766, tout aussi épris d’elle. Ils envisagent le mariage, mais la famille de Mora fera l’impossible pour le contrecarrer et y réussira.

Rentré en Espagne, il tombe malade et y reste pour être soigné. Leur correspondance reflète déjà ces amours passionnées qui fleuriront dans la littérature romantique. Pour oublier les angoisses que lui cause l’éloignement de son amant, elle fréquente pour se changer les idées les maisons de campagne de ses nombreux amis et rencontre, au Moulin-Joli de Bezons, le colonel de Guibert en 1772. Elle se prend pour ce dernier d’une irrésistible passion qu’elle éprouvera jusqu’à sa mort, malgré l’apparente indifférence qu’il lui témoigne.

Durant de longs mois, elle nourrit des sentiments de culpabilité, partagée entre ses deux amants, ne pouvant oublier l’un mais désirant l’autre. Mora, malade, revenu en France pour la rejoindre, meurt à Bordeaux en 1776. C’est à ce moment que Julie et Guibert deviennent amants. Quand Julie vient à apprendre cette coïncidence, le désespoir s’empare d’elle, le chagrin et les remords ébranlent sa santé. Elle songe au suicide : « J’ai souffert, j’ai haï la vie, j’ai invoqué la mort, » écrira-t-elle, « et je fais serment de ne pas lui donner le dégoût et de la recevoir au contraire comme une libératrice ».

« Il n’y a qu’une chose qui résiste, c’est la passion et c’est celle de l’amour, car toutes les autres resteraient sans répliques ». « Il n’y a que l’amour-passion et la bienfaisance qui me paraissent valoir la peine de vivre. » Dans ces quelques lignes pourrait se résumer la personnalité de Julie.

Elle ne survivra pas au mariage de Guibert ; désespérée par l’échec de ses deux liaisons, elle meurt à quarante-quatre ans, le 23 mai 1776. Sa correspondance avec Guibert sera publiée en 1809 par la veuve de celui-ci. Comme celle de sa tante du Deffand, cette correspondance constitue un document psychologique et historique de référence.

Diderot a fait d’elle, avec le médecin Bordeu, un personnage de son Rêve de d’Alembert.

Bibliographie

  • Marie-Christine d’Aragon et Jean Lacouture, Julie de Lespinasse. Mourir d’amour, Complexe, 2006.
  • Julie de Lespinasse, Lettres, La Table Ronde, Paris, 1998.
  • Julie de Lespinasse, Lettres à Condorcet, Desjonquères, Paris, 1992.
  • René La Croix de Castrie (duc de), Julie de Lespinasse, Le drame d’un double amour, Albin Michel, Paris, 2000.
  • Maxime Druhen, "Mlle de Lespinasse et Suard - Correspondance inédite", 1927, Extrait du Bulletin de l'Accadémie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besancon.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julie_de_Lespinasse

Samedi 02 Février 2008
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