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Vendredi 18 Juillet 2008
C’est un début d’été heureux pour la société Délices du Saïss. Grâce à son huile d’olive Phénicia issue de la région de Meknès, la société a remporté, le 10 juillet à Madrid, en Espagne, le troisième prix du concours international de dégustation d’huile d’olive.

Ce prix lui a été décerné par le conseil oléicole international (COI), en tant que créateur de l’une des meilleures huiles d’olive mondiales et dont la couleur est «vert moyen».

Phénicia est le fruit d’un partenariat public-privé des terres de la Sodea. Ce domaine de 180 ha, appelé «Maria», a nécessité en 2006, 22 millions de DH d’investissements pour la réhabilitation du verger existant et de son extension. De nouvelles variétés d’olives ont également été introduites. La société a financé aussi la construction de forages et bassins d’accumulation, la rénovation des locaux et l’installation d’une nouvelle unité de trituration de haute technologie. «L’objectif est de produire une huile de qualité supérieure et richement aromatisée», indique Anouar Zine, responsable marketing des Délices du Saïss. Et d’ajouter: «Dans le souci d’une démarche qualitative pour obtenir une huile d’excellence, la production du domaine est intégrée». Ce contrôle est assuré grâce aux installations techniques mais aussi à l’aide d’un expert étranger. La société a aussi installé une application web pour permettre à ses clients de suivre en temps réel la trituration de leurs olives pour le travail à façon. Un système sophistiqué qui a porté ses fruits.

A Madrid, un jury de dégustation international agréé a sélectionné 78 huiles d’olive vierges extra pour le Prix à la Qualité du COI (Mario Solinas 2008). Les huiles candidates provenaient des pays suivants : Arabie saoudite (1), Égypte (1), Espagne (31), France (3), Grèce (14), Israël (2), Italie (4), Maroc (1) et Portugal (21). Ces huiles ont été proposées par des producteurs individuels, des associations de producteurs et des entreprises de conditionnement dont le lieu de production se trouve dans un pays membre du COI.

Après une compétition acharnée, Phénicia a finalement remporté le 3e prix. «Cette distinction récompense le savoir-faire marocain», indique Zine.

Reste à signaler que la liste des lauréats du concours international d’huiles d’olive vierges extra du Prix à la Qualité du COI (Mario Solinas 2008) est également disponible sur le site web du Conseil. Basé à Madrid, celui-ci constitue la plus grande instance mondiale en termes de régulation et de promotion de la filière oléicole. Il est présidé par le Marocain Mohammed Sbitri, et c’est la première fois qu’il prime une huile du Maroc.

Youness Saad Alami

http://www.yabiladi.com/article-economie-1792.html

Mercredi 09 Juillet 2008

Série d'été. «Sur les pas des écrivains» (Ed. Alexandrines)

Par alexandrines (Éditeur)
 

Tout au long de l'été, BibliObs et les Editions Alexandines s'associent pour vous emmener en balade en compagnie d'écrivains. Aujourd'hui, partez à Château-Thierry avec Jean de La Fontaine.

L'enfance de la fable: Jean La Fontaine, né castelthéodoricien
par Patrick Dandrey

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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Tant pis pour la légende: il le faut bien avouer, depuis la naissance du jeune Jean de La Fontaine à Château-Thierry en juillet 1621 jusqu'à son entrée en noviciat au printemps de 1641 à l'Oratoire de Paris, on ne sait rien de bien certain sur sa vie personnelle. Des deux premières décennies de son existence, tout ce que l'on connaît concerne sa famille plutôt que lui en particulier. Charles de La Fontaine, son père, descendait d'une lignée de marchands champenois en quête d'un lent anoblissement par voie d'offices: il venait d'acheter quand naquit son aîné une charge de maître triennal des eaux et forêts du duché de Château-Thierry et de Châtillon-sur-Marne, grâce à la fortune personnelle de son épouse, Françoise Pidoux, elle-même veuve d'un marchand de Coulommiers. Cette fortune par alliance lui permit aussi d'acquérir une belle maison de pierre à trois corps de logis entre cour et jardin, avec tour en poivrière et porche seigneurial, qui existe toujours sur le coteau de ville, entre la Marne et le château du roi mérovingien Thierry IV auquel la cité doit son nom. On sait par les archives qu'autour de 1640 le revenu de la famille comprenait: les intérêts de plusieurs prêts hypothécaires; les rentes que lui faisaient trois maisons de la grand'rue et deux du faubourg, à quoi s'ajoutait la propriété de quelques terrains en ville; le rapport de trois fermes, de cinq arpents de vigne et de plusieurs prairies à Coulommiers, Clignon et Montmirail. Avec les biens propres de Françoise Pidoux, cela constitue une assez belle fortune, mais fondée sur des bases fragiles que la mort de Charles, en 1658, ne tarde pas à révéler: malgré la cession de sa part que lui consent son frère puîné entré dans les ordres, Jean, notre poète, devra alors réaliser une partie du capital pour acquitter droits et dettes. Il prend même à cette époque la précaution de se séparer de biens avec sa jeune épouse, née Marie Héricart, à laquelle un mariage arrangé l'avait lié en 1647, malgré leur différence d'âge: elle avait quatorze ans, lui déjà vingt-six.

 

 
 

 

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Cette séparation de biens toute juridique entérinait d'ailleurs symboliquement une séparation de corps et d'esprit: malgré la naissance, en 1653, d'un fils dont la légende veut que le fabuliste le rencontrant un jour dans une rue ne l'ait pas même reconnu (!), leur union ne fut jamais très unie. Il semble que Jean ait beaucoup trompé sa femme, plus d'ailleurs par étourderie que par libertinage. Elle prétendait qu'il pouvait passer trois semaines sans se souvenir qu'il était marié. Elle aussi profita, pour sa part, de cette distraction. Ce dont le mari commode ou philosophe ne s'émut nullement, disent la chronique (légendaire) et ses amis plus ou moins bien informés. En tout cas, il semble avoir mené entre son mariage et la mort de son père une existence de fils de famille presque célibataire, à Paris où ses études l'avaient assez tôt appelé, puis sa vocation et son goût souvent rappelé, l'éloignant toujours plus de sa famille, en dépit de fréquents mais courts retours à Château-Thierry. Autour de 1658, Tallemant des Réaux, chroniqueur bien informé des ragots du temps, le dépeint comme un grand «rêveur», c'est-à-dire un distrait, ardent en amours de rencontre et passablement pittoresque. Il le campe en bottes blanches, errant une lanterne à la main dans les rues de Château-Thierry et les chemins de Champagne, pour courir après les dames. Notamment certaine abbesse de Mouzon que Mme de La Fontaine surprit un jour au logis avec son mari: «Il ne fit que rengainer, lui fit la révérence et s'en alla», précise l'historiographe goguenard. Et notre futur poète de conclure l'aventure par une galante épître en vers dédiée à la belle moniale: publié beaucoup plus tard, ce texte commença de circuler dès l'aventure consommée dans les salons parisiens où il fut apprécié notamment par le surintendant des finances Nicolas Fouquet, qui était sensible aux mêmes plaisirs quoiqu'il les pratiquât de manière plus discrète.

 

 
 

Même s'il a dû se rencontrer d'autres abbesses de Mouzon dans la vie du jeune La Fontaine, de telles attaches, si fugitives, ne suffisent pas à faire de vous un bourgeois résidant de Château-Thierry. Quoiqu'il ait acquis lui-même en 1652 une charge de maître des eaux et forêts analogue à celle de son père, et bien que cette fonction le retienne encore dans sa province, La Fontaine à dater de la mort de son père y accumule trop de déboires financiers, judiciaires et administratifs, qui sont d'ailleurs loin de dépendre tous de sa désinvolture et de sa maladresse en affaires, pour conserver son statut de notable local. Le titre d'écuyer qu'à la suite de Charles il lui arrive de s'arroger pour faire un pas du côté de l'aristocratie - et donc de l'exemption d'impôt - lui coûte poursuites et amendes en 1662 au titre d'usurpation de statut nobiliaire. La protection de l'oncle de sa femme, Nicolas Jannart, familier de Fouquet, manque de l'entraîner dans la disgrâce qui frappe le surintendant en 1661. Le passage de Château-Thierry sous juridiction du duc de Bouillon provoque la même année l'abolition et le rachat par le nouveau maître de tous les offices et charges attachés à son apanage; mais le remboursement traîne dix ans durant: La Fontaine continue de remplir ses fonctions, tout en sachant qu'elles n'ont plus d'avenir. Si bien qu'en 1671, tous ces déboires consommés, il se retrouve parisien plus que jamais, dépourvu de tout revenu champenois: la vente de la maison familiale coupera en 1676 son dernier lien avec sa terre d'origine, et parachèvera ce détachement qui dessine dans la géographie de sa vie la substitution d'un statut précaire d'homme de lettres parisien à son statut originaire de bon bourgeois castelthéodoricien.

 

 
 
 
 
 
 
 

Ainsi se dessine le cheminement régulier, subi mais assumé et comme secrètement souhaité, d'une vie écartelée entre deux villes et plusieurs maisons, la sienne et celle(s) que ses protecteurs successifs lui offriront. Une vie qui, pente ou hasard, le conduit progressivement à la rencontre de son génie poétique par l'abandon progressif de ses attaches locales, familiales et sociales. En sont demeurés, sans doute, des souvenirs - impalpables mais prégnants, altérables mais persistants. Et l'on aime à savoir qu'au soir de sa vie, en 1680, revenu dans sa ville natale, au château des Bouillon qui domine la ville et qui l'accueillait pour un bref séjour, le poète demanda l'autorisation de «cultiver des fleurs dans le parterre d'en haut»: touchante préoccupation d'esthète... Du simple clos privé, pour moitié de rapport et pour l'autre d'agrément, jusqu'au parc domanial incluant eaux et forêts, bien des jardins auront jalonné la vie familiale, sociale et esthétique du fabuliste. Ils ont tout naturellement fourni son écriture poétique de cadre, de thèmes et parfois même de sujets. Mais aucun d'entre eux put-il revêtir autant d'importance que ce jardinet familial, initiatique et séminal, qui bordait la «maison consistant trois corps d'hôtel par-devant, jardin derrière, sise à Château-Thierry», rue des Cordeliers? Restitué aujourd'hui dans son charme agreste et spontané, il donne quelque idée du premier des lieux où l'enfant dut découvrir une autre représentation de la nature que celle des livres, de leurs images et de leurs clichés, dont en son temps elle employait le truchement savant.

 

Ce que ces lieux d'enfance ont déposé d'observation et d'émotion, de nostalgie et de pittoresque tout au long des Fables, ne peut être démêlé des acquis de culture, de lecture et d'imitation des maîtres qui ont fécondé la galerie de ces tableautins. Mais au détour d'un vers un peu plus que d'autres suggestif et coloré, au frémissement d'une brise, au toucher d'une matière, au son d'un ruisseau qui traversent le monde enchanté du conteur, çà et là quelque chose de Château-Thierry se devine, fugitif et mêlé, dans la trame irisée du poème. D'Illiers à Combray, l'alchimie onirique est sans doute plus transparente; mais le clair-obscur du souvenir flotte dans la même indécision captivante et secrète chez le fabuliste que chez le romancier, nimbant ses apologues d'un halo de lumière champenoise sur lequel se dessinent à jamais, fragiles mais perdurables, les silhouettes d'un héron dégingandé, d'un manant peinant à la tâche ou d'une perdrix se jouant du chasseur.

 

P. D.

 
 

© Editions Alexandrines.
Extrait du guide «Balade dans l'Aisne», 224 p., 15 euros.

Source:Bibliobs

Lundi 07 Juillet 2008
 
L'incroyable finale de Wimbledon<br/>

Le Majorquin a réalisé son rêve, en s'imposant pour la première fois à Wimbledon au terme de la plus longue finale de l'histoire du tournoi face à Federer, privé d'un sixième titre.

http://ems6.net/r/?E=XTC-DDGF-598KF-DD-DRLDV-9O9L

Vendredi 04 Juillet 2008
Série de l'été. «Sur les pas des écrivains» (Editions Alexandrines)

Par alexandrines (Éditeur)

Tout au long de l'été, BibliObs et les Editions Alexandrines s'associent pour vous emmener en balade en compagnie d'écrivains. Aujourd'hui, partez à Saint-Cyr-sur-Morin avec Pierre Mac Orlan

Pierre Mac Orlan, au cœur de la Brie
par Francis Lacassin

 

 

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Une maison basse isolée le long de la route qui conduit vers l'est et ses incertitudes. Derrière elle, en contrebas, un clos garni de pommiers qu'irrigue parfois cette branche du Petit Morin. Tel est l'endroit, sur la route des Armenats, à Saint-Cyr-sur-Morin, où Pierre Dumarchey, dit Mac Orlan, est venu jeter l'ancre au cœur de la Brie vers 1920. «Cette petite maison, que j'habite toute l'année, est tellement bien ajustée à mon corps qu'elle me complète comme un vêtement de chasse ou de golf, un vêtement où l'on se trouve à l'aise sans le remarquer et peut-être même sans savoir pourquoi.»

 
 
 
 

C'est en 1911, que le Montmartrois Mac Orlan découvrit, sans savoir qu'il y finirait ses jours, la vallée du Petit Morin. La même année, son ami André Warnod célébrait dans «Comedia» «ses frondaisons et les baigneuses venues de Paris avec des peintres dont quelques-uns connaissent maintenant la célébrité». Des peintres accompagnés de «baigneuses» et aussi d'écrivains, tels que Francis Carco, Roland Dorgelès, Pierre Mac Orlan - promis eux-mêmes à la célébrité. Peintres, écrivains, «baigneuses» forment une coterie rassemblée autour de Fréderic Gérard, le propriétaire du Lapin agile, le célèbre cabaret montmartrois de la rue des Saules. Le père Frédé - comme on l'appelait alors - repose aujourd'hui dans le cimetière de Saint-Cyr-sur-Morin, où vivent encore son arrière-petite-fille et son petit-neveu. C'est Frédé qui a fait découvrir les charmes et les paysages de la vallée du Petit Morin.

 

À seulement soixante-dix kilomètres de Paris on pouvait tout à la fois prendre des vacances - pêche, baignades - et travailler en reproduisant de beaux paysages sur la toile. Les plus fortunés de ces Montmartrois s'installaient à l'Auberge de l'Œuf dur et du Commerce, les autres, tel Mac Orlan, logeaient chez l'habitant, dans l'un des hameaux. «De ce fait, les étés de Saint-Cyr-sur-Morin sont souvent des étés montmartrois. Ce mot comporte une gaîté qui ne peut que provoquer la santé; le paysage tient de ceux de l'Île-de-France et de la Normandie; l'excellent cidre des coteaux le proclame.» C'est en souvenir de la gaieté de ces étés montmartrois en terre briarde que Mac Orlan, après la guerre, décide d'acquérir une maison qui abritera tous ses moments de loisir. En 1922, il achète une ancienne fromagerie, qu'il aménagera peu à peu en maison d'habitation au gré de ses disponibilités financières. Il s'y installe en 1924 et alterne séjours à Saint-Cyr-sur-Morin et séjours dans son appartement parisien de la rue du Ranelagh.

 

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Dalmas Sipa
Mac Orlan

 

 

À propos de l'Auberge de l'Œuf dur, Mac Orlan confie: «Beaucoup parmi les écrivains et les peintres de notre génération sont venus boire une bouteille à la grande table qui, en été, est dressée au milieu de la cour intérieure, à l'ombre d'un grand chêne satisfaisant. Il y eut Segonzac, Asselin, Dignimont, Galtier-Boissière, Carco, Roland Dorgelès, Avelot, Salmon, Cécil Howard et beaucoup d'autres... Je ne pense pas qu'il existe à soixante-dix kilomètres de Paris un tel lieu de rassemblement.»

 

De plus en plus séduit par ce village et par sa tranquillité propice au travail littéraire, il abandonne son appartement parisien en 1927. Il ne bougera plus de Saint-Cyr jusqu'en 1934, quand l'espoir d'accomplir une carrière dans le cinéma comme scénariste le conduit à se rapprocher à nouveau de Paris. Il loue alors un pied-à-terre rue Tardieu, en bas de la butte Montmartre. Il y renonce en 1938, toutes illusions dissipées quant à un avenir dans le cinéma. Il retrouvera Saint-Cyr-sur-Morin et son environnement convivial jusqu'en 1957. Cette année-là il s'installe à nouveau à Montmartre, rue Constance, pour être plus près des médias, radios périphériques, chanteurs, musiciens, animateurs d'émission sur la chanson. Il entame une carrière de parolier de chansons, interprétées par Germaine Montero, Monique Morelli, Juliette Gréco, Catherine Sauvage... En 1961, la maladie de sa femme l'oblige à retrouver le calme et le bon air de Saint-Cyr-sur-Morin. Après le décès de Marguerite, il n'en bougera plus. Même pas pour de brefs allers et retours; chaque année, en décembre, il vote pour le prix Goncourt par téléphone.

 

 

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DR
Saint-Cyr-Sur-Morin
C'est à Saint-Cyr-sur-Morin que Mac Orlan a écrit la plus grande partie de son œuvre. Il avait pénétré dans le domaine des lettres seulement en 1911, en écrivant pour le quotidien le «Journal» des contes humoristiques, qu'il illustrait lui-même. La guerre interrompit cette collaboration.

 

 

Son œuvre est diverse. Ses livres sont baignés dans une inquiétude née de ce qu'il appelle souvent le fantastique social; c'est le fantastique qui n'a plus besoin du Surnaturel pour mettre la Raison en déroute: il préexiste dans les accessoires et les décors de la vie quotidienne. Pour le libérer, il suffit de l'entourer d'un éclairage ou d'une atmosphère, ou de mettre le lecteur en mesure d'imaginer celle-ci. Commencée avec la Maison du retour écœurant (1912), toute son œuvre est placée sous le signe du fantastique: fantastique de l'aventure, fantastique des villes et des ports - Paris, Londres, Amsterdam... -, fantastique social enfin, que l'on retrouve dans tous ses livres et qu'on peut définir comme l'intrusion de la modernité technique dans le romantisme du poète. De cette alliance spontanée entre l'expérience et l'imagination, la rêverie et les souvenirs de lecture, le goût de l'insolite et l'attachement au vivant, est née une œuvre forte et envoûtante - «Le Quai des Brumes» (1927), «L'Ancre de miséricorde» (1941) - qui se situe à la frontière du récit romanesque et du poème en prose. La vie exceptionnelle des soldats et des marins y tient une grande place. Prophète, Mac Orlan avait senti et annoncé dans ses livres, «La Cavalière Elsa» (1921) par exemple, tout ce qui serait le climat du XXe siècle.

 

Jusqu'à sa disparition en 1970, et en dépit de ses tentatives d'installation à Paris dictées par le travail, la vie de Mac Orlan s'est déroulée au cœur de la Brie. On en retrouve le reflet dans le Nègre Léonard et dans la Vénus international ; ou dans des récits plus brefs comme «e Noël du bois sans nom», «Une nuit», «Champeaux», «La Maison isolée», «La Croix de fau». Sa dernière nouvelle à emprunter le décor de la Brie est, en 1968, Gisèle de Saint-Jean-de-la-Marne. Il faut y ajouter deux douzaines d'articles réunis dans «es Cahiers Pierre Mac Orlan». On en trouvera ci-après un extrait significatif.

 
F. L.
© Editions Alexandrines.
«Balade en Seine-et-Marne», 232 p., 16,50 euros.
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 30 Juin 2008
 
Livres. Un lot habituel de vedettes mais une baisse du nombre de nouveaux romans.
CLAIRE DEVARRIEUX
QUOTIDIEN : lundi 30 juin 2008
 
 

Les librairies seront encore fermées, les livres d’été encore ouverts, qu’importe : dès le 21 août, la rentrée littéraire déballe ses cartons. Il y a moins de titres, annonce le magazine professionnel Livres hebdo,mais cela reste quand même un chiffre très élevé : 676 romans nouveaux entre août et octobre, au lieu des 727 de 2007. Cette baisse de 7,1 % est un événement, puisqu’on était habitué à l’inflation. Est-ce pour autant raisonnable ? Il y aura 466 romans français (493 il y a un an), 210 étrangers (contre 234), et enfin, 91 premiers romans (contre 102). Au début des années 80, il y avait environ 180 nouveautés à la rentrée !

Côté étranger, les vedettes sont sur la ligne de départ à peu près en même temps que les auteurs hexagonaux : Denis Johnson (Bourgois), Richard Ford (l’Olivier), Thomas Pynchon (le Seuil), Ian McEwan (Gallimard).

Côté français, il faudra attendre octobre pour lire Jean Echenoz (Minuit) ou J.M.G. Le Clézio (Gallimard). Mais d’autres stars sont au rendez-vous : Christine Angot, qui passe de Flammarion au Seuil ; Catherine Millet, qui passe du Seuil à Flammarion. Amélie Nothomb reste chez Albin Michel, éditeur où on lira Sylvie Germain et Alice Ferney, laquelle fait ici une infidélité à Actes Sud. Chez Actes Sud, le nouveau Laurent Gaudé (prix Goncourt 2004), côtoie Mathias Enard. Régis Jauffret (Gallimard), Emmanuelle Pagano (P.O.L), Dominique Mainard (Joëlle Losfeld), François Vallejo (Viviane Hamy), Christian Oster (Minuit), sont là. Alain Fleischer est présent à la fois au Seuil et chez Gallimard, dans la collection de Philippe Sollers, l’Infini. Sollers l’écrivait hier dans le Journal du dimanche : «C’est assez simple. Il y aura au moins deux grands romans à la rentrée : le passionnant Marché des amants de Christine Angot et le génial Prolongations du très inquiétant Alain Fleischer. A suivre.»

http://www.liberation.fr/culture/335715.FR.php?xtor=EPR-450206

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