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Jeudi 20 Novembre 2008
L'Hendayais Nicolas Darmaillacq se classe quatrième de cette épreuve d'endurance où les participants doivent traverser de part en part cette île de l'océan Indien

2 300 fous en Réunion

La Diagonale des Fous mérite bien son nom. Ce grand raid célébré sur l'Île de la Réunion, est devenu un mythe dans le domaine de l'effort solitaire avec ses 148 kilomètres et ses 9 200 mètres de dénivelé positif.

Les coureurs affrontent le plus souvent une météo changeante. Des nuits froides du volcan du Piton de la Fournaise aux journées de grosse chaleur en pleine montagne. Un parcours truffé de pièges avec des pierres, des racines, et une forte humidité qui colle à la peau.

Il va sans dire qu'il vaut mieux être bien préparé à ce genre de défi et surtout aimer la course extrême en altitude : « Le défi sportif est colossal, ma motivation était vraiment de découvrir cette ambiance Réunionnaise, de parcourir cette île avec ses paysages très variés (volcan, désert, forêt, montagne...) et de repousser toujours mes limites, d'aller au maximum de mes possibilités sur cet effort extrême. J'avoue ne pas avoir été déçu », confie Nicolas Darmaillacq. Celui-ci est l'un des coureurs du team Asics et est licencié au club Txingudi, à Hendaye.

Un combat contre soi-même

Nicolas Darmaillacq est un habitué des grands raids des courses en pleine nature. Il les fréquente régulièrement depuis quatre ans, après avoir débuté sa carrière de coureur sur les pentes du Pays Basque, dans l'épreuve de l'Euskal Trail, sur les sommets du Baigura ou de la Rhune.

Ce prof de gym avait déjà réussi l'an dernier une très belle performance dans les Alpes lors des 24 heures du tour du Mont Blanc (Dixième et quatrième Français). Cette fois-ci, notre champion basco-landais aura fait mieux : quatrième parmi environ 2 300 coureurs, dont 800 venus de Métropole et 1 500 Réunionnais tirés au sort, tellement l'engouement sur place est colossal. L'Hendayais fut seulement devancé par les champions de la Réunion, soutenus par tout un peuple en délire. De véritables gazelles habituées au parcours et aux conditions extrêmes de course.

Mais la véritable vedette de cette année, c'était Laurent Jalabert. L'ancien champion cycliste tentait là un nouveau défi après ses réussites en triathlon. Le natif de Mazamet a beaucoup souffert sur ce terrain inconnu mais est tout de même arrivé au bout de la course (il se classe 700e) après 45 heures d'efforts en solitaire.

« À minuit, nous étions 2 300 fous à l'assaut du Volcan, dont Laurent Jalabert et quelques grosses pointures du monde des grands raids ! Dès le départ, j'ai senti de très bonnes sensations, j'étais aux avants postes, avec les « favoris ». Après 10 heures d'effort, j'ai eu quelques passages difficiles mais j'ai su réagir à temps, se satisfait le coureur hendayais. Je suis rentré en huitième position dans le fameux Cirque de Mafate, après 80 kilomètres de course. La fin de l'épreuve a été longue, un vrai combat pour grappiller des places sur les coureurs en défaillance... Et je manque de peu la troisième place. »

L'athlète basque, visiblement très heureux, n'en demeure pas moins satisfait de sa performance : « Je termine en moins de 24 heures en quatrième position, juste derrière Antoine Guillon, l'un des tous meilleurs français des grands raids. Les deux premiers étaient intouchables. J'aurai signé de suite pour en arriver là. »

Deux autres Basques

Nicolas Darmaillacq aura en revanche été bien plus heureux que ses deux autres copains du Pays Basque. Ainsi, Claude Escots. Après avoir connu un bon début de course dans le groupe de tête, il a connu de gros problèmes digestifs et d'assimilation lors des ravitaillements. Ceux-ci l'ont conduit à s'arrêter une nuit entière ; il finira à la 500e place. Blessé quinze jours avant le départ de la Diagonale du Fou à la suite d'une chute de moto, Gérard Enrique a abandonné au 11e kilomètre.

D'ores et déjà, Nicolas Darmaillacq s'est promis de revenir dans cette Diagonale des Fous, enchanté par sa performance et surtout conquis par les paysages et l'ambiance de la course. Il compte aussi découvrir de nouveaux horizons, des ambiances, des paysages nouveaux sur d'autres continents. L'effort extrême, le défi de se surpasser et le combat contre soi-même l'incitent également à repartir : « Je pense avoir trouvé dans ce type d'effort ce qui me correspond. Tant sur le plan physique que sur le plan mental, cela me plaît. En plus, j'adore la course en montagne et cette ambiance très familiale. »

Il est vrai que notre champion des grands raids s'entraîne chaque semaine sur les pentes de la Rhune, qui sont devenues sa cour de récréation. Le prof de gym qui exerce à Saint-Paul-lès-Dax a toute sa famille qui habite à Ascain, au pied du massif.

Auteur : Christian Bibal
Mercredi 19 Novembre 2008

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Afin de rendre hommage à un des plus grands et des plus beaux lacs d’Europe, la ville d’Evian présente l’exposition “Lumières de Lac” de l’artiste photographe Laurent Geslin du 1er novembre 2008 au 11 janvier 2009.
Les océans, les mers et les lacs sont les premiers touchés par la pollution urbaine et les activités humaines. Le Léman, plus grand lac subalpin de l’Europe occidentale, a particulièrement souffert au cours de ces trente dernières années. Hier affecté par le déversement de produits d’origine ménagère, agricole ou industrielle, il s’expose aujourd’hui aux conséquences du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers. Lorsque le Léman est menacé, c’est toute la vie dans et autour du lac qui l’est aussi. Faune aquatique, oiseaux, animaux, mais aussi pêcheurs traditionnels, tous sont touchés au quotidien par l’évolution de la qualité de l’eau du lac.
A travers une centaine d’images grand format sur la vie du lac, mêlant hyperréalisme et poésie, ce projet a pour objectif de sensibiliser le public sur la nécessité d’en protéger la richesse écologique. Plutôt que de chercher à choquer, à travers des photos illustrant les dégâts causés par la pollution, le photographe a au contraire choisi de saisir le « beau » dans et autour du Léman.
Les images proposées captent avant tout des moments de vie dans ce qu’ils ont de plus esthétiques : vie humaine, dévoilant le patrimoine culturel de la pêche traditionnelle ; vie animale illustrant la diversité remarquable de l’avifaune du Léman; et vie paysagère dévoilant les intérêts écologiques de la végétation originelle du lac, conservée dans certaines zones protégées. Partant du principe que notre génération, comme les générations futures, doivent avant tout être saisies par la beauté de notre environnement pour prendre conscience de l’urgente nécessité de le conserver, ce projet s’inscrit ainsi avant tout dans une recherche d’esthétisme pour atteindre des objectifs pédagogiques.

Une exposition en deux temps et trois thèmes.
I – Le temps de l’hyperréalisme
Au premier niveau du Palais Lumière (salles 1, 2, 3), l’exposition photographique s’organise autour d’une cinquantaine d’oeuvres, de format 1,8 mètre par 1,2 mètre, sur support aluminium de 2 mm et maintenu au dos d’un cadre aluminium. Une quinzaine d’images est encadrée d’une “caisse américaine”.
Les images sont hyperréalistes, l’artiste ayant utilisé des lumières artificielles pour accentuer l’effet clair-obscur. Les paysages sont bleus outremer, les contrastes sont vifs et les éclairages mettent en évidence un détail ou une scène de vie. L’ambiance est à la fois hyperréaliste et onirique.
Les périodes de la journée où le photographe a travaillé renforcent l’atmosphère paisible et mystérieuse du lac.
Trois thèmes ponctuent cette première série d’images : les paysages, la faune et la vie humaine qui se déploient autour du Léman.
• Les paysages riverains et les zones réhabilitées (salle 1)
Les paysages riverains, largement construits lors du siècle dernier sont maintenant souvent protégés. Certaines zones ont été réhabilitées pour leurs intérêts écologiques tandis que d’autres sont d’accès limité, voire strictement interdites ou privées. Une première série de photographies dévoilera les coins et recoins qui bordent le lac Léman: zones naturelles protégées, montagnes plongeant dans les eaux du lac, mais aussi paysages façonnés ou dégradés par l’homme, zones interdites ou non accessibles, etc.
• L’avifaune du Léman (salle 2)
En gardant les cieux chargés et en adoptant le regard des oiseaux du lac, le Léman nous apparaît comme un habitat. D’un paysage étonnant, il se transforme en « territoire ». Ses habitants ailés occupent l’espace et y règnent en maîtres. Cygnes, harles et autres anatidés deviennent des "personnages" qui évoluent sur LEUR lac.
• L’Homme et le Lac (Salle 3)
Enfin, les oeuvres se tournent vers l’homme et la façon dont il s’approprie le lac. Le Léman devient un lieu de travail, une zone de loisir, un paysage de repos. Des pêcheurs, des extracteurs de gravier, des pisciculteurs ou des touristes se croisent et chacun voit le lac d’un regard personnel.

II – Le temps de l’abstraction (salles 5 et 6)
Au niveau inférieur du Palais Lumière, les grands tirages ultra-réalistes font place aux aplats, aux compositions plus douces tirant vers des oeuvres contemporaines. La liaison entre la salle 5 et 6 se fait par les tonalités, les lignes plus que par les thèmes présentés en première partie.
Les mâts des bateaux rappellent les lignes verticales des roselières et le gros plan d’une écaille se transforme en tableau abstrait.
Tranchant brusquement avec le réalisme calculé des oeuvres de la première partie, les images rendent leur liberté aux lignes et à l’imagination du public. Chacun peut alors s’approprier les photographies et les interpréter comme il le souhaite, tout comme chaque promeneur a sa propre vision et son propre usage du Léman.

Le Palais Lumière
A l’été 2006, la Ville d’Evian a ouvert les portes de son « Palais Lumière ». Fort de sa position, de la qualité de ses équipements et de la singularité de son architecture, ce fleuron retrouvé du patrimoine évianais est devenu le nouvel emblème de la station.
Pierre angulaire du développement de la commune, il a vocation à devenir un centre culturel et de congrès de renommée internationale. Le Palais Lumière a obtenu le Grand prix national de l’ingénierie touristique décerné par ODIT France en 2007.
A l’origine, un établissement thermal
Le Palais Lumière est à l’origine un établissement thermal. Il est l’un des plus beaux témoignages de l’architecture des villes d’eaux du début du XXe siècle. Situé face au lac, au voisinage de l’hôtel de ville (ancienne villa des frères Lumière), il jouit d’un emplacement central et privilégié.
En 1996, la Ville d’Evian est redevenue propriétaire du bâtiment et s’est préoccupée de sa préservation. Peu après, sa façade principale, son hall d’entrée, son vestibule et ses décors ont été inscrits à l’inventaire des Monuments historiques. Une réflexion sur une destinée nouvelle et valorisante a été aussitôt lancée qui a abouti au projet de reconvertir l’édifice en centre culturel et de congrès. Le projet s’inscrit dans une perspective globale de redynamisation de l’économie touristique locale. Le nouvel équipement municipal est emblématique du renouveau de la ville.
L’organisation
Autour du hall central restauré à l’identique, le bâtiment (4200 m2 de surfaces utiles) accueille :
- un centre de congrès de 2200 m2, pour l’accueil de congrès nationaux et internationaux, comprenant une salle de 382 places, huit salles de séminaires et des espaces de détente ; - un espace culturel de 600 m2 de salles d’exposition sur deux niveaux, hautement équipées.
- une médiathèque de 800 m2 sur trois niveaux abritant bientôt des archives historiques. Elle met à disposition tous documents confondus, quelque 30000 références.
Un lieu singulier
- « Restituer l’esprit et la lettre de l’oeuvre de l’architecte d’origine » A l’issue d’un appel d’offres européen, la maîtrise d’oeuvre de la reconversion des Anciens- Thermes a été confiée aux architectes Michel Spitz, architecte mandataire et François Chatillon, architecte du patrimoine (Chatillon & associés). L’équipe a veillé à : « restituer l’esprit et la lettre de l’oeuvre de l’architecte d’origine, Brunnarius ».
- Un important travail de restauration.
Inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, le hall principal était autrefois un lieu de mondanités qui faisait à la fois office de salle d’attente et de buvette. Eclairé par de beaux vitraux, il a été restauré à l’identique. Il abrite en particulier quatre statues allégoriques de sources signées du

sculpteur Louis-Charles Beylard. Les parois latérales du porche d’entrée sont ornées de deux toiles marouflées « Nymphes à la Source » et « Nymphes au bord de l’eau », attribuées à Jean D.
Benderly, élève de Puvis de Chavanne. La façade principale alterne pierre blanche et faïence jaune paille. C’est un choix unique dans l’architecture thermale lémanique.
Par ailleurs, l’édifice a retrouvé le dôme qui le coiffait à l’origine. Des recherches de représentations d’époque dans les archives municipales ont permis en effet, à l’architecte du patrimoine et à un artiste de redessiner avec exactitude la géométrie de la structure et ses décors.
Enfin, les architectes ont veillé à restituer les dispositifs architecturaux majeurs comme la boîte à lumière du dôme pour privilégier la lumière naturelle au sein du bâtiment. Sur le toit, les six verrières intérieures d’origine ont été maintenues et restaurées sur place.
- Un bâtiment H.Q.E.
La reconversion du bâtiment s’est accompagnée d’une démarche « haute qualité environnementale », H.Q.E. Pour ce faire, la Ville a eu recours au cabinet Cèdre, un spécialiste pour que, de sa construction à son exploitation, l’équipement respecte au mieux l’environnement et soit le plus sain et le plus confortable possible. Le maintien des verrières intérieures permet ainsi de privilégier la lumière naturelle. Autre exemple, le rafraîchissement du Palais Lumière est effectué par pompage de l’eau du lac.
- Un espace d’exposition d’excellence
Grâce à un espace hautement équipé et une programmation prestigieuse, la ville a réussi en peu de temps à faire de l’espace d’exposition un pôle de référence, à l’instar des musées suisses proches (fondations Gianadda à Martigny, Ermitage à Lausanne). L’objectif à terme est de s’inscrire dans ce circuit « circum-lémanique » et d’en élargir l’offre. En moins de deux ans, le Palais Lumière s’est fait un nom.
La rétrospective consacrée à Ernest Pignon-Ernest organisée du 10 février au 13 avril 2007 a attiré quelque 11500 visiteurs. L’exposition « Poésie de l’eau dans l’art russe du XVIe au XXe » organisée en partenariat avec le musée national russe de Saint-Pétersbourg, qui a suivi du 23 juin au 23 septembre 2007, a attiré près de 15000 visiteurs.
L’exposition consacrée à Gustav-Adolf Mossa a attiré quelque 8000 visiteurs.
- Une plus grande ouverture à l’international
Ce nouvel équipement vise aussi à renforcer de manière significative, la capacité d’accueil de congrès nationaux et internationaux de taille moyenne. Avec ce nouvel espace de congrès, la Ville se positionne sur les congrès de taille moyenne (moins de 400 personnes), principalement sur le marché des congrès associatifs et des conventions d’entreprise.

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http://www.actuphoto.com/8441-laurent-geslin-lumieres-de-lac.html

Mardi 18 Novembre 2008
La Montjoie à Roquebrune. photo pierre dupouy
La Montjoie à Roquebrune. photo pierre dupouy

Louis Lagravère ouvrait cette première soirée de la section locale de la Société archéologique qui s'est tenue la semaine dernière en précisant qu'il souhaitait prendre du recul dans les responsabilités et passer le flambeau à Jean-Paul Fontan et Jacques Couzinet.

Cette conférence avait pour thème « Les paysages en Pays de Fezensac ». Qui mieux que Bruno Sirven, auteur de l'ouvrage de référence « Paysages du Gers » et homme de terrain, pouvait conduire le nombreux public dans la région de Fezensac. Sûrement qu'après sa causerie, les gens verront les paysages avec un autre regard, s'arrêteront devant des vestiges historiques architecturaux et trouveront des réponses aux questions qu'ils se posaient lors de leurs promenades.

Bruno Sirven, au cours de sa « géographie physique et humaine », soulignait les préoccupations continuelles pour appliquer des solutions à ce qui sera le paysage de demain, précisant que nous sommes tous acteurs. Aujourd'hui on dispose de moyens formidables pour intervenir dans les transformations et il citait toutes les menaces qui pèsent sur ces modifications possibles : arrachage des arbres, réchauffement climatique, changement dans l'échelle de l'agriculture, urbanisation avec gaspillage de l'espace, clonage, tendance vers des modèles standardisés.

Les paysages gascons sont un excellent fonds de commerce, on parle de « paysages de bonheur » où la beauté est synonyme de discrétion et de modération, tout en recherche d'équilibre, de régulation.

Il s'est attardé sur l'éventail gascon avec ses vallées dissymétriques, sur les matériaux disponibles qui ont servi à la construction d'où une diversité et une variation dans la durée d'existence. Il a expliqué l'éparpillement de l'habitat, ces maisons, ces bourgs accrochés à des bancs calcaires où on trouve l'eau nécessaire. Un éparpillement qui se justifie par le nombre de chapelles rurales, et aussi par les structures agraires, les bordes des châteaux.

Tags : Auch Environnement Nature vic-fezensac Pays d'Auch
Lundi 17 Novembre 2008
 l’occasion de la sortie d’un très beau coffret de cinq livres sur le travail de Sarah Moon (y compris un film, Mississipi One), la galerie Camera Obscura présente un grand nombre de ses tirages, jusqu’au 6 décembre. Qu’on ait rêvé autrefois aux pubs Cacharel ou qu’on ait été enchanté par sa revisite des Contes de Perrault ou d’Andersen, on reconnaît aussitôt une photographie de Sarah Moon. Ces polaroïds abondamment retravaillés ont des noirs charbonneux, des marques imparfaites, sales, grattées, des flous irréels qui sont comme une marque de fabrique, parfois trop évidente, parfois rassurante.

la-tortue.1226867281.jpgLa photo n’est plus une image, un indice, elle est déjà, par elle-même une représentation d’elle-même, un tableau, une harmonie formelle. Avant de regarder ces corps ou ces paysages, c’est la profondeur de ces noirs, c’est le vibrato de ces lignes, c’est la poésie de ces contours, l’incertitude de ces marges, que nous admirons, qui nous impressionne. Dans la tortue (ci-dessus), le regard n’est pas tant attiré par l’animal au pied de l’escalier, central mais anecdotique, mais bien plutôt par cette explosion de petites fleurs blanches que la scansion des briques et des cailloux des marches ne peut enrayer et qui vient s’évaser sur la roche sèche du fond : trois matières, trois textures que le grain rend presque palpables, trois mouvements, jaillissement, contrainte et reflux, qui s’incarnent dans la photo même.

le-fil-rouge.1226867208.jpgEnsuite, mais ensuite seulement, on sourit de la tortue, on lit du rêve ou du tragique, de l’érotisme ou de la douceur, puis on se prend à songer au temps qui passe, à imaginer des chimères et des fées, à reculer devant le morbide, à nous troubler devant l’ambigu. Il y a chez elles des histoires suggérées et des atmosphères implicites, des photos à regarder quand on est amoureux et d’autres pour les jours de tristesse. Si ces deux jumelles me touchent (Le fil rouge), c’est d’abord pour l’étrangeté de leur pose et la fixité de leur regard, bien sûr, mais il y a aussi ces reflets qui perturbent une vision qui sinon serait trop frontale, ce lustre dont je ne peux saisir la forme; ces éléments-là sont autant des facteurs d’étrangeté que les deux fillettes. Artifice, sans doute, mais artifice remarquablement maîtrisé, tiré au cordeau, impeccable.

les-taches.1226867251.jpgEt en effet, tout est tellement composé, travaillé, précisément construit. Le virage (tout en haut), les taches (ci-contre), le soleil couchant (ci-dessous) sont des compositions quasi abstraites, où rien ne semble laissé au hasard, où les couches de matière grise ou noire se juxtaposent, se recouvrent, créant une épaisseur, grumeleuse en haut, plus souple ci-contre, plus grasse dans la troisième. 

soleil-couchant.1226867266.jpgSarah Moon est une des rares photographes à savoir naviguer entre ce monde des sens et cet univers formel. C’est sans doute l’alchimie à la Polke qui la sauve d’une décrépitude à la David Hamilton, et, vice versa, cet humanisme sentimental qui lui évite un desséchement formaliste.

Vous pouvez aussi lire ici, ici, ici et . Et vous pouvez vous faire offrir le livre pour Noël.

Photos courtoisie de l’artiste.

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2008/11/16/sarah-moon-le-noir-le-temps/

Jeudi 13 Novembre 2008

Un capitaine ad hoc

Un capitaine ad hoc<br/>

Rencontre avec l'homme qui voulait vivre mille vies, avant son départ pour le cap Horn à bord de son magnifique trois-mâts « La Boudeuse ».

http://www.lefigaro.fr/livres/index.php

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