2 300 fous en Réunion
La Diagonale des Fous mérite bien son nom. Ce grand raid célébré sur l'Île de la Réunion, est devenu un mythe dans le domaine de l'effort solitaire avec ses 148 kilomètres et ses 9 200 mètres de dénivelé positif.
Les coureurs affrontent le plus souvent une météo changeante. Des nuits froides du volcan du Piton de la Fournaise aux journées de grosse chaleur en pleine montagne. Un parcours truffé de pièges avec des pierres, des racines, et une forte humidité qui colle à la peau.
Il va sans dire qu'il vaut mieux être bien préparé à ce genre de défi et surtout aimer la course extrême en altitude : « Le défi sportif est colossal, ma motivation était vraiment de découvrir cette ambiance Réunionnaise, de parcourir cette île avec ses paysages très variés (volcan, désert, forêt, montagne...) et de repousser toujours mes limites, d'aller au maximum de mes possibilités sur cet effort extrême. J'avoue ne pas avoir été déçu », confie Nicolas Darmaillacq. Celui-ci est l'un des coureurs du team Asics et est licencié au club Txingudi, à Hendaye.
Un combat contre soi-même
Nicolas Darmaillacq est un habitué des grands raids des courses en pleine nature. Il les fréquente régulièrement depuis quatre ans, après avoir débuté sa carrière de coureur sur les pentes du Pays Basque, dans l'épreuve de l'Euskal Trail, sur les sommets du Baigura ou de la Rhune.
Ce prof de gym avait déjà réussi l'an dernier une très belle performance dans les Alpes lors des 24 heures du tour du Mont Blanc (Dixième et quatrième Français). Cette fois-ci, notre champion basco-landais aura fait mieux : quatrième parmi environ 2 300 coureurs, dont 800 venus de Métropole et 1 500 Réunionnais tirés au sort, tellement l'engouement sur place est colossal. L'Hendayais fut seulement devancé par les champions de la Réunion, soutenus par tout un peuple en délire. De véritables gazelles habituées au parcours et aux conditions extrêmes de course.
Mais la véritable vedette de cette année, c'était Laurent Jalabert. L'ancien champion cycliste tentait là un nouveau défi après ses réussites en triathlon. Le natif de Mazamet a beaucoup souffert sur ce terrain inconnu mais est tout de même arrivé au bout de la course (il se classe 700e) après 45 heures d'efforts en solitaire.
« À minuit, nous étions 2 300 fous à l'assaut du Volcan, dont Laurent Jalabert et quelques grosses pointures du monde des grands raids ! Dès le départ, j'ai senti de très bonnes sensations, j'étais aux avants postes, avec les « favoris ». Après 10 heures d'effort, j'ai eu quelques passages difficiles mais j'ai su réagir à temps, se satisfait le coureur hendayais. Je suis rentré en huitième position dans le fameux Cirque de Mafate, après 80 kilomètres de course. La fin de l'épreuve a été longue, un vrai combat pour grappiller des places sur les coureurs en défaillance... Et je manque de peu la troisième place. »
L'athlète basque, visiblement très heureux, n'en demeure pas moins satisfait de sa performance : « Je termine en moins de 24 heures en quatrième position, juste derrière Antoine Guillon, l'un des tous meilleurs français des grands raids. Les deux premiers étaient intouchables. J'aurai signé de suite pour en arriver là. »
Deux autres Basques
Nicolas Darmaillacq aura en revanche été bien plus heureux que ses deux autres copains du Pays Basque. Ainsi, Claude Escots. Après avoir connu un bon début de course dans le groupe de tête, il a connu de gros problèmes digestifs et d'assimilation lors des ravitaillements. Ceux-ci l'ont conduit à s'arrêter une nuit entière ; il finira à la 500e place. Blessé quinze jours avant le départ de la Diagonale du Fou à la suite d'une chute de moto, Gérard Enrique a abandonné au 11e kilomètre.
D'ores et déjà, Nicolas Darmaillacq s'est promis de revenir dans cette Diagonale des Fous, enchanté par sa performance et surtout conquis par les paysages et l'ambiance de la course. Il compte aussi découvrir de nouveaux horizons, des ambiances, des paysages nouveaux sur d'autres continents. L'effort extrême, le défi de se surpasser et le combat contre soi-même l'incitent également à repartir : « Je pense avoir trouvé dans ce type d'effort ce qui me correspond. Tant sur le plan physique que sur le plan mental, cela me plaît. En plus, j'adore la course en montagne et cette ambiance très familiale. »
Il est vrai que notre champion des grands raids s'entraîne chaque semaine sur les pentes de la Rhune, qui sont devenues sa cour de récréation. Le prof de gym qui exerce à Saint-Paul-lès-Dax a toute sa famille qui habite à Ascain, au pied du massif.
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Afin de rendre hommage à un des plus grands et des plus beaux lacs d’Europe, la ville d’Evian présente l’exposition “Lumières de Lac” de l’artiste photographe Laurent Geslin du 1er novembre 2008 au 11 janvier 2009. |
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http://www.actuphoto.com/8441-laurent-geslin-lumieres-de-lac.html |

Louis Lagravère ouvrait cette première soirée de la section locale de la Société archéologique qui s'est tenue la semaine dernière en précisant qu'il souhaitait prendre du recul dans les responsabilités et passer le flambeau à Jean-Paul Fontan et Jacques Couzinet.
Cette conférence avait pour thème « Les paysages en Pays de Fezensac ». Qui mieux que Bruno Sirven, auteur de l'ouvrage de référence « Paysages du Gers » et homme de terrain, pouvait conduire le nombreux public dans la région de Fezensac. Sûrement qu'après sa causerie, les gens verront les paysages avec un autre regard, s'arrêteront devant des vestiges historiques architecturaux et trouveront des réponses aux questions qu'ils se posaient lors de leurs promenades.
Bruno Sirven, au cours de sa « géographie physique et humaine », soulignait les préoccupations continuelles pour appliquer des solutions à ce qui sera le paysage de demain, précisant que nous sommes tous acteurs. Aujourd'hui on dispose de moyens formidables pour intervenir dans les transformations et il citait toutes les menaces qui pèsent sur ces modifications possibles : arrachage des arbres, réchauffement climatique, changement dans l'échelle de l'agriculture, urbanisation avec gaspillage de l'espace, clonage, tendance vers des modèles standardisés.
Les paysages gascons sont un excellent fonds de commerce, on parle de « paysages de bonheur » où la beauté est synonyme de discrétion et de modération, tout en recherche d'équilibre, de régulation.
Il s'est attardé sur l'éventail gascon avec ses vallées dissymétriques, sur les matériaux disponibles qui ont servi à la construction d'où une diversité et une variation dans la durée d'existence. Il a expliqué l'éparpillement de l'habitat, ces maisons, ces bourgs accrochés à des bancs calcaires où on trouve l'eau nécessaire. Un éparpillement qui se justifie par le nombre de chapelles rurales, et aussi par les structures agraires, les bordes des châteaux.
La photo n’est plus une image, un indice, elle est déjà, par elle-même une représentation d’elle-même, un tableau, une harmonie formelle. Avant de regarder ces corps ou ces paysages, c’est la profondeur de ces noirs, c’est le vibrato de ces lignes, c’est la poésie de ces contours, l’incertitude de ces marges, que nous admirons, qui nous impressionne. Dans la tortue (ci-dessus), le regard n’est pas tant attiré par l’animal au pied de l’escalier, central mais anecdotique, mais bien plutôt par cette explosion de petites fleurs blanches que la scansion des briques et des cailloux des marches ne peut enrayer et qui vient s’évaser sur la roche sèche du fond : trois matières, trois textures que le grain rend presque palpables, trois mouvements, jaillissement, contrainte et reflux, qui s’incarnent dans la photo même.
Ensuite, mais ensuite seulement, on sourit de la tortue, on lit du rêve ou du tragique, de l’érotisme ou de la douceur, puis on se prend à songer au temps qui passe, à imaginer des chimères et des fées, à reculer devant le morbide, à nous troubler devant l’ambigu. Il y a chez elles des histoires suggérées et des atmosphères implicites, des photos à regarder quand on est amoureux et d’autres pour les jours de tristesse. Si ces deux jumelles me touchent (Le fil rouge), c’est d’abord pour l’étrangeté de leur pose et la fixité de leur regard, bien sûr, mais il y a aussi ces reflets qui perturbent une vision qui sinon serait trop frontale, ce lustre dont je ne peux saisir la forme; ces éléments-là sont autant des facteurs d’étrangeté que les deux fillettes. Artifice, sans doute, mais artifice remarquablement maîtrisé, tiré au cordeau, impeccable.
Et en effet, tout est tellement composé, travaillé, précisément construit. Le virage (tout en haut), les taches (ci-contre), le soleil couchant (ci-dessous) sont des compositions quasi abstraites, où rien ne semble laissé au hasard, où les couches de matière grise ou noire se juxtaposent, se recouvrent, créant une épaisseur, grumeleuse en haut, plus souple ci-contre, plus grasse dans la troisième.
Sarah Moon est une des rares photographes à savoir naviguer entre ce monde des sens et cet univers formel. C’est sans doute l’alchimie à la Polke qui la sauve d’une décrépitude à la David Hamilton, et, vice versa, cet humanisme sentimental qui lui évite un desséchement formaliste.
Vous pouvez aussi lire ici, ici, ici et là. Et vous pouvez vous faire offrir le livre pour Noël.
Photos courtoisie de l’artiste.
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2008/11/16/sarah-moon-le-noir-le-temps/
Un capitaine ad hoc




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