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Lundi 15 Septembre 2008
EDITION

G. de Nerval, "Pandora et autres nouvelles", textes etablis par Jean Guillaume, Jacques Bony et Jean-Luc Steinmetz, Paris, Gallimard / "Folio", 2008, 125 pages (reprise d'extraits du tome III des "OEuvres completes" de la Pleiade). 

OUVRAGES

- Emmanuel Godo, "Nerval ou la raison du reve", Paris, Cerf, 2008, 190 pages.

- Marina Muresanu Ionescu, "Pour une semiotique du narratif. Une lecture de Nerval", Iasi (Roumanie), Editions Junimea, 2007, 256 pages (reprise revue et augmentee de l'ouvrage "La Litterature : un modele triadique" du meme auteur, publie a Iasi aux editions Chemarea en 1995). 


ARTICLES  

- Michel Brix, "Nerval et la fantaisie. A propos d'un compte rendu retrouve des "Femmes du Caire"", "Studi Francesi", n° 154 (janvier-avril 2008), p. 93-99. 

- Keiko Tsujikawa, "Nerval, le temps à l'oeuvre : politique et resistance dans l' "Histoire de l'abbe de Bucquoy"", Revue d'Histoire litteraire de la France, 2008, n° 3, p. 581-592 

- Gabrielle Chamarat, ""Un petit roman qui n'est pas tout a fait un conte"" : peut-on parler d'un realisme de "Sylvie"?", "Revue d'Histoire litteraire de la France", 2008, n° 3, p. 593-606 

- Michel Brix, "Des "Confidences de Nicolas" aux "Filles du Feu" : deux lettres de Nerval retrouvées", in "Revue d'Histoire litteraire de la France", 2008, n° 3, p. 645-649 


COMPTES RENDUS

- Dagmar Wieser, cf de Kuo-Yung HONG, "Proust et Nerval. Essai sur les lois mysterieuses de l’ecriture" Champion, 2006, sur le site de la revue Romantisme. 
http://www.etudes-romantiques.org/comptes_rendus/proust1_nerval1.htm 


- Gisele Seginger, cr de Hisashi Mizuno, "Nerval. L'Ecriture du voyage. (...)" (Paris, Champion, 2003), in "Revue d'Histoire litteraire de la France", 2008, n° 3, p. 722-723. 


COMMUNICATION 

- Colloque a Cerisy-la-Salle : "L'Ailleurs depuis le Romantisme (de Chateaubriand a Bonnefoy)", sous la direction de P Nee et D Lancon
2 septembre : Jean-Nicolas Illouz, "Nerval : L'orient interieur" 

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Ce Bulletin vous tiendra informe(e) des renseignements concernant Nerval. Si vous desirez le recevoir gratuitement et y faire paraitre des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnees et vos messages a Michel Brix ou Hisashi Mizuno.

Les anciens numéros du Bulletin sont installes sur le site Amitie-Nerval et sur le site du Centre Nerval de Namur.


                                                                                                  Michel Brix <Michel.Brix@fundp.ac.be>

                                                                                                  Hisashi Mizuno <mizuno@amitie-nerval.com
Vendredi 12 Septembre 2008
Par alexandrines (Éditeur)
 

Tout au long de l'été, BibliObs et les Editions Alexandines s'associent pour vous emmener en balade en compagnie d'écrivains. Aujourd'hui, partez à Château-Thierry avec Jean de La Fontaine.

L'enfance de la fable: Jean La Fontaine, né castelthéodoricien
par Patrick Dandrey

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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Tant pis pour la légende: il le faut bien avouer, depuis la naissance du jeune Jean de La Fontaine à Château-Thierry en juillet 1621 jusqu'à son entrée en noviciat au printemps de 1641 à l'Oratoire de Paris, on ne sait rien de bien certain sur sa vie personnelle. Des deux premières décennies de son existence, tout ce que l'on connaît concerne sa famille plutôt que lui en particulier. Charles de La Fontaine, son père, descendait d'une lignée de marchands champenois en quête d'un lent anoblissement par voie d'offices: il venait d'acheter quand naquit son aîné une charge de maître triennal des eaux et forêts du duché de Château-Thierry et de Châtillon-sur-Marne, grâce à la fortune personnelle de son épouse, Françoise Pidoux, elle-même veuve d'un marchand de Coulommiers. Cette fortune par alliance lui permit aussi d'acquérir une belle maison de pierre à trois corps de logis entre cour et jardin, avec tour en poivrière et porche seigneurial, qui existe toujours sur le coteau de ville, entre la Marne et le château du roi mérovingien Thierry IV auquel la cité doit son nom. On sait par les archives qu'autour de 1640 le revenu de la famille comprenait: les intérêts de plusieurs prêts hypothécaires; les rentes que lui faisaient trois maisons de la grand'rue et deux du faubourg, à quoi s'ajoutait la propriété de quelques terrains en ville; le rapport de trois fermes, de cinq arpents de vigne et de plusieurs prairies à Coulommiers, Clignon et Montmirail. Avec les biens propres de Françoise Pidoux, cela constitue une assez belle fortune, mais fondée sur des bases fragiles que la mort de Charles, en 1658, ne tarde pas à révéler: malgré la cession de sa part que lui consent son frère puîné entré dans les ordres, Jean, notre poète, devra alors réaliser une partie du capital pour acquitter droits et dettes. Il prend même à cette époque la précaution de se séparer de biens avec sa jeune épouse, née Marie Héricart, à laquelle un mariage arrangé l'avait lié en 1647, malgré leur différence d'âge: elle avait quatorze ans, lui déjà vingt-six.

 

 
 

 

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Cette séparation de biens toute juridique entérinait d'ailleurs symboliquement une séparation de corps et d'esprit: malgré la naissance, en 1653, d'un fils dont la légende veut que le fabuliste le rencontrant un jour dans une rue ne l'ait pas même reconnu (!), leur union ne fut jamais très unie. Il semble que Jean ait beaucoup trompé sa femme, plus d'ailleurs par étourderie que par libertinage. Elle prétendait qu'il pouvait passer trois semaines sans se souvenir qu'il était marié. Elle aussi profita, pour sa part, de cette distraction. Ce dont le mari commode ou philosophe ne s'émut nullement, disent la chronique (légendaire) et ses amis plus ou moins bien informés. En tout cas, il semble avoir mené entre son mariage et la mort de son père une existence de fils de famille presque célibataire, à Paris où ses études l'avaient assez tôt appelé, puis sa vocation et son goût souvent rappelé, l'éloignant toujours plus de sa famille, en dépit de fréquents mais courts retours à Château-Thierry. Autour de 1658, Tallemant des Réaux, chroniqueur bien informé des ragots du temps, le dépeint comme un grand «rêveur», c'est-à-dire un distrait, ardent en amours de rencontre et passablement pittoresque. Il le campe en bottes blanches, errant une lanterne à la main dans les rues de Château-Thierry et les chemins de Champagne, pour courir après les dames. Notamment certaine abbesse de Mouzon que Mme de La Fontaine surprit un jour au logis avec son mari: «Il ne fit que rengainer, lui fit la révérence et s'en alla», précise l'historiographe goguenard. Et notre futur poète de conclure l'aventure par une galante épître en vers dédiée à la belle moniale: publié beaucoup plus tard, ce texte commença de circuler dès l'aventure consommée dans les salons parisiens où il fut apprécié notamment par le surintendant des finances Nicolas Fouquet, qui était sensible aux mêmes plaisirs quoiqu'il les pratiquât de manière plus discrète.

 

 
 

Même s'il a dû se rencontrer d'autres abbesses de Mouzon dans la vie du jeune La Fontaine, de telles attaches, si fugitives, ne suffisent pas à faire de vous un bourgeois résidant de Château-Thierry. Quoiqu'il ait acquis lui-même en 1652 une charge de maître des eaux et forêts analogue à celle de son père, et bien que cette fonction le retienne encore dans sa province, La Fontaine à dater de la mort de son père y accumule trop de déboires financiers, judiciaires et administratifs, qui sont d'ailleurs loin de dépendre tous de sa désinvolture et de sa maladresse en affaires, pour conserver son statut de notable local. Le titre d'écuyer qu'à la suite de Charles il lui arrive de s'arroger pour faire un pas du côté de l'aristocratie - et donc de l'exemption d'impôt - lui coûte poursuites et amendes en 1662 au titre d'usurpation de statut nobiliaire. La protection de l'oncle de sa femme, Nicolas Jannart, familier de Fouquet, manque de l'entraîner dans la disgrâce qui frappe le surintendant en 1661. Le passage de Château-Thierry sous juridiction du duc de Bouillon provoque la même année l'abolition et le rachat par le nouveau maître de tous les offices et charges attachés à son apanage; mais le remboursement traîne dix ans durant: La Fontaine continue de remplir ses fonctions, tout en sachant qu'elles n'ont plus d'avenir. Si bien qu'en 1671, tous ces déboires consommés, il se retrouve parisien plus que jamais, dépourvu de tout revenu champenois: la vente de la maison familiale coupera en 1676 son dernier lien avec sa terre d'origine, et parachèvera ce détachement qui dessine dans la géographie de sa vie la substitution d'un statut précaire d'homme de lettres parisien à son statut originaire de bon bourgeois castelthéodoricien.

 

 
 
 
 
 
 
 

Ainsi se dessine le cheminement régulier, subi mais assumé et comme secrètement souhaité, d'une vie écartelée entre deux villes et plusieurs maisons, la sienne et celle(s) que ses protecteurs successifs lui offriront. Une vie qui, pente ou hasard, le conduit progressivement à la rencontre de son génie poétique par l'abandon progressif de ses attaches locales, familiales et sociales. En sont demeurés, sans doute, des souvenirs - impalpables mais prégnants, altérables mais persistants. Et l'on aime à savoir qu'au soir de sa vie, en 1680, revenu dans sa ville natale, au château des Bouillon qui domine la ville et qui l'accueillait pour un bref séjour, le poète demanda l'autorisation de «cultiver des fleurs dans le parterre d'en haut»: touchante préoccupation d'esthète... Du simple clos privé, pour moitié de rapport et pour l'autre d'agrément, jusqu'au parc domanial incluant eaux et forêts, bien des jardins auront jalonné la vie familiale, sociale et esthétique du fabuliste. Ils ont tout naturellement fourni son écriture poétique de cadre, de thèmes et parfois même de sujets. Mais aucun d'entre eux put-il revêtir autant d'importance que ce jardinet familial, initiatique et séminal, qui bordait la «maison consistant trois corps d'hôtel par-devant, jardin derrière, sise à Château-Thierry», rue des Cordeliers? Restitué aujourd'hui dans son charme agreste et spontané, il donne quelque idée du premier des lieux où l'enfant dut découvrir une autre représentation de la nature que celle des livres, de leurs images et de leurs clichés, dont en son temps elle employait le truchement savant.

 

Ce que ces lieux d'enfance ont déposé d'observation et d'émotion, de nostalgie et de pittoresque tout au long des Fables, ne peut être démêlé des acquis de culture, de lecture et d'imitation des maîtres qui ont fécondé la galerie de ces tableautins. Mais au détour d'un vers un peu plus que d'autres suggestif et coloré, au frémissement d'une brise, au toucher d'une matière, au son d'un ruisseau qui traversent le monde enchanté du conteur, çà et là quelque chose de Château-Thierry se devine, fugitif et mêlé, dans la trame irisée du poème. D'Illiers à Combray, l'alchimie onirique est sans doute plus transparente; mais le clair-obscur du souvenir flotte dans la même indécision captivante et secrète chez le fabuliste que chez le romancier, nimbant ses apologues d'un halo de lumière champenoise sur lequel se dessinent à jamais, fragiles mais perdurables, les silhouettes d'un héron dégingandé, d'un manant peinant à la tâche ou d'une perdrix se jouant du chasseur.

 

P. D.

 
 

© Editions Alexandrines.
Extrait du guide «Balade dans l'Aisne», 224 p., 15 euros.

Jeudi 11 Septembre 2008

Corinne Bayle

Olivier Schefer, Variations nocturnes, Paris : Vrin, 2008, 156 p.
 

 

En préambule, l’image du film de Jacques Tourneur, Vaudou, dans laquelle deux femmes (une blonde, une brune) semblent nuitamment chercher au milieu d’un champ un chemin ouvert par le halo d’une lampe électrique entre deux haies de roseaux ou de cannes à sucre, comme de grandes épines entrecroisées, regardent chacune du côté opposé, poursuivies par la même épouvante. Le lecteur de ces Variations nocturnes se verra proposer plusieurs pistes entrelacées sur les routes ténébreuses de la pensée et de la mémoire, de l’intime et du collectif, qui se rencontrent dans la question du sommeil empêché. L’ouvrage publié dans la collection « Matière étrangère » chez Vrin touche ainsi à la philosophie par des voies vagabondes, la philosophie comme une quête, une interrogation du réel autant qu’une connaissance de soi. Que peut-on comprendre d’autre ou autrement, durant les nuits de veille ? Que tirer de ce déplacement, qu’ordonner de ce désordre, cette inversion des yeux ouverts sur l’opacité, laissant entrevoir quelle parcelle de quel infini ?

 

Cet essai se présente comme une rhapsodie de brefs textes commentant telle réflexion philosophique (Kant, Novalis, Sartre, Blanchot), poétique (Lautréamont, Baudelaire, Nerval, Novalis toujours), tel passage romanesque (Balzac, Maupassant, Gautier, Nodier, Dumas, Barbey d’Aurevilly) ou telle scène cinématographique (Murnau, Hitchcock, Kubrick, Ridley Scott, David Lynch) et encore tel tableau (Füssli, Friedrich), sans oublier l’histoire du sommeil, naturel (Nodier, Proust) ou artificiel (Puységur), et celle des rêves (Freud, Bachelard) — la liste n’est pas close. Toutefois, rien d’exhaustif, ces Variations nocturnes revendiquent la vertu suggestive du fragmentaire et ses fulgurances, comme autant d’éclats d’une théorie en devenir, s’harmonisant en arabesques subtiles avec d’autres éclats, ceux du souvenir.

 

On sera sensible à l’aspect symphonique de cet opus, qui n’est en rien un essai théorique lourdement argumenté, bien plutôt un écheveau de fils tirés inventant une toile arachnéenne, dans le labyrinthe hypnotique de l’imaginaire et de la raison, cherchant à retisser les bâillements de la pensée et recoudre les déchirures de l’existence. Le Moi est le centre rationnel et émotionnel, la vie est l’axe qui rassemble ces bribes éparses, et le livre, miroir des visages d’un vivant parmi les vivants, dont l'intuition intellectuelle, faculté mystérieuse, est emblématisée par la nuit, le nocturne. Au long des évocations, d’œuvres littéraires, de toiles et de films, au gré des réflexions et des rêveries qui se proposent comme autant d’échos indirects des nôtres, se dessine un portrait diffracté en plusieurs morceaux, qui ne coïncident pas tout à fait, entre fiction et authenticité. Les confidences voilées de ce cheminement intérieur constituent autant de jalons ou de points lumineux de cette traversée dangereuse, en une anamnèse jusqu’au profond du funèbre. Le lecteur garde la liberté de suivre les pas du scripteur dromomane lorsqu’il arpente les rues de Paris ou de New York, en fuite ou à la recherche d’une femme aimée, comme il peut préférer s’égarer dans l’obscurité de son propre « espace du dedans » à partir des observations esthétiques.

 

C’est en effet un livre sur la nuit au prisme de l’art, et sur ce que la nuit produit en nous d’interrogations essentielles, un livre personnel comme par intermittences, où la voix reste constante mais légère, quoique souvent grave, dans la méditation ou l’enquête spéculative, Les pages consacrées au cinéma, à la littérature ou la peinture, à la fabrique de l’image, viennent enrichir, en s’y superposant, parfois s’y substituant, les questions philosophiques : qu’est-ce qui se donne à entendre du réel pour le noctambule, ce guetteur en posture d’éveil ? Qu’est-ce qui se rêve en lui ? Que permettent de voir ou de réfléchir, dans l’interstice de la veille et du sommeil, dans le battement de paupières, ouvertes ou closes, les images de cauchemars ou de songes, diastoles et systoles — dysphorie d’Aurélia, merveille de Peter Ibbetson —, quelle parcelle de vérité ? Et il s’agit plutôt d’explorer le « mauvais sommeil », qui « nous sollicite plus entièrement que le “bon”, puisqu’il ne nous extrait pas du monde, mais nous incite à le repenser et à le revoir » (selon Blanchot, les mauvais dormeurs « rendent la nuit présente »), au rebours de ce que les marchands de bonheur voudraient accréditer quant aux bienfaits médicaux ou mystiques du sommeil prétendument « réparateur ». L’insomniaque refuse cette « acceptation consensuelle du monde » pour l’ausculter sans relâche, lui-même tour à tour zombie ou somnambule, pupilles dilatées, yeux révulsés, « collusion de plans antithétiques, de la nuit et du jour, de la mort et de la vie ». Les grands penseurs ont souhaité quelquefois ne plus dormir, dans le sentiment aigu d’une perte, non de temps ou d’activité, mais de connaissance et de possibilité de saisir ou de voler un peu plus de lumière en cette épreuve de la vie passée au noir. L’hallucination, le somnambulisme, seraient alors plutôt une chance. Les pages liminaires (Kant trouvant une autre façon de compter les moutons), ironiques et sérieuses, donnent le ton, rêvant à une Critique de la raison somnambule, entre Witz et inquiétude, jusqu’à la dernière route ombreuse hantée par la mort d’un être cher, cet absurde auquel les scintillements d’étoiles cherchent une consolation magique, remontant jusque dans l’enfance et l’adolescence, et les plus lointains désirs d’écriture — ou d’amour.

 

C’est un livre à relire, à feuilleter en aval, ou à reprendre à rebours, en écoutant monter en nous les prolongements vertigineux de la nuit. Il interpelle une trouble aspiration faustienne de maîtrise : voir au-delà, pénétrer sous les paupières, y découvrir le secret métaphysique ou le néant. Il rappelle que la philosophie, si elle induit toujours une rigueur, voire une aridité purement abstraite, enseigne d'abord à vivre, en visitant les moments intermédiaires, ces zones frontières, entre deux mondes, qui signifient être là, dans l’existence, bien qu’en retrait. Ces Variations nocturnes s’inscrivent dans un impensé, un suspens (diraient Gracq ou Hitchcock) où peuvent éclore, en ses éclairs, une lucidité nouvelle. On se rappelle la belle formule du poète des Feuillets d’Hypnos et de La Nuit talismanique, « Dans la Nuit, se tiennent nos apprentissages » : voici une sorte de Bildungsroman philosophique, original et poétique, idéalement romantique. 

Publié sur Acta le 10 septembre 2008
 

Pour citer cet article : Corinne Bayle , "Brève histoire du (mauvais) sommeil", Acta Fabula, Notes de lecture,

URL : http://www.fabula.org/revue/document4531.php

Mercredi 10 Septembre 2008

Du premier marin venu d'ailleurs à Rimbaud, de l'escale d'un jour aux séjours d'une époque, marins ou militaires, poètes ou voyageurs,  qui n'a pas succombé au charme et à la magie du paysage djiboutien ? Tous furent inspirés. Car ici, tout est musique. Tout est poésie. Entre mystères et merveilles, les mots se dissipent et laissent la place à la nature pour s'exprimer avec ses propres mots. ''L'on peut comprendre aisément pourquoi la visite de Djibouti ne peut se résumer à un simple séjour de dépaysement et qu'il ne peut s'offrir à n'importe quel regard.  Tout d'abord, parce que dans ce petit pays, il n'y rien à voir, tout est à mériter par l'effort et la patience.'' Ici, le temps s'est évaporé tel un parfum d'encens. Et une symphonie céleste vous emporte aussitôt à la création du monde, ''avant que Dieu n'ordonnât aux arbres, aux fleurs et cours d'eau d'être et de compléter son œuvre''. Entre la faune te la flore, entre les hommes et les légendes, l'on retiendra seulement le sublime d'un chef-d'œuvre divin. Voyage au pays des merveilles.

Circuit balnéaire, avec les îles Moucha, Maskali ou les plus belles plages de la République de Djibouti: Goubet, Arta,  Sable Blanc, Ambado où on peut pratiquer surf, ski d'eau, sport de plage et diverses autres activités. 

Circuit Fonds marins et Pêche. les fonds de la mer reflètent la vie sous-marine de la Mer Rouge et abritent une faune et une flore parmi les plus diverses au monde. L'on peut aussi succomber au charme des palétuviers de Godoria, en région obockoise, un paradis ornithologique, sanctuaire de  migration de presque 300 000 espèces d'oiseaux parmi les espèces les plus rare au monde.

Circuit géologiques,  des paysages absolument fantastiques voire apocalyptiques ; lac Assal, Île du diable au Goubet, une région qui abrite des volcans parmi les plus jeunes du mondes parmi lesquels le benjamin, Ardoukoba, est entré en é la première fois en éruption en  novembre 1978  et qui, ne dort que d'un seul œil…D'autres sites, tout aussi fabuleux  comme la fameuse faille du rift d'Assal.

Circuits archéologiques avec quelques sites préhistoriques dans le nord du Lac Assal avec des gravures rupestres récemment découvertes et la visite du Lac Abhé et de ses paysages lunaires qui offrent un paysage étrange aux yeux du voyageur. Un paysage fantastique, avec des centaines de cheminées fumantes et parsemé de sources d'eau chaude, soutenant le  développement des pâturages.   

Circuit montagne. Tadjourah, Randa et le Day, qui culmine à 1500 m, offrant une fraîcheur rare dans le pays. Et sa forêt primaire aux espèces végétales sans âge constitue une destination de charme. Randa et ses jardins fleuris et Dittilou l'ombragée méritent aussi le détour. Cette région, accessible en 4X4 est propice aux promenades pédestres ou à dos de chameau.  Des centres touristiques de mieux en mieux équipés attendent le visiteur avec le gîte et le couvert.  

Plaines et montagnes, Ali Sabieh, Dikhil et le grand Bara offrent des paysages contrastés.  Les jardins d'Assamo, la fraîcheur des rouges collines assajogs, les autruches du Hanlé et enfin, le grand Barra, cet ancien fond de lac devenu un centre de char à voile…c'est le sud djiboutien qui, bien qu'étant proche de la capitale, offre un dépaysement total.

Circuit anthropologique. Djibouti, Arta et  Damerjoog. Il y a d'abord la capitale dont les vieilles pierres conservent le souvenir de la multitude des peuples qui se sont côtoyés ici, ont travaillé ensemble et bâti une cité à l'image du brassage ethnique qui caractérise ce peuple. Plus loin, en altitude, Arta offre une vue imprenable sur le golfe de Tadjourah et sa plage de sable fin vaut le détour.

http://www.lanation.dj/news/2008/ln127/national6.htm

Mardi 09 Septembre 2008

mardi 09.09.2008, 04:56 - La Voix du Nord

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|  ROUTE DU LITTORAL |

Les attelages de la Route du littoral repartent aujourd'hui de la mairie d'Étaples, feront la pause de midi avec les écoliers de Camiers et arriveront à Équihen-Plage à 16 h 30.

 


«  Des chevaux de 700 ou 800 kg, c'est énorme à l'échelle d'un môme qui en pèse vingt ! » Patrick Sabatucci, un franc-comtois (il y a 10 000 chevaux francs-comtois en race pure), aime tout de la Route du littoral - il les a toutes faites sauf la première -, mais spécialement l'accueil des gens du Nord et le passage dans les écoles. Architecte, il est comme il dit «  en GAEC » avec son beau-frère éleveur de chevaux. Son lyrisme ne tarit pas : «  Moi qui ai fait beaucoup de compétitions, j'apprécie ici l'absence de toute notion de compétition. Aucune jalousie, pas de gain en jeu, que de l'entraide. Les organisateurs sont des gens formidables. On prend le temps des rapports humains et de voir ce qu'il y a autour de nous. Dans le Nord, on a vraiment un accueil et des paysages exceptionnels. La Côte d'Opale, la baie d'Authie... on n'imagine pas des paysages comme ça chez nous ! Depuis presque 10 ans, c'est toujours pour moi un émerveillement renouvelé. On vient à chaque fois avec de nouveaux chevaux et c'est étonnant à chaque fois de voir comment ils découvrent la mer... » • J.-H. P.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Montreuil/actualite/Secteur_Montreuil/2008/09/09/article_les-attelages-ont-commence-leur-migratio.shtml

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